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Coup de projecteur sur

Sciebelle ou un artisanat responsable

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Logo Sciebelle

http://fr-fr.facebook.com/ScieBelle-610611479126004/

Sciebelle allie artisanat et création pure à une démarche éco-responsable où la récupération et la transformation d’objets auxquels elle offre une seconde vie, le respect de l’environnement et d’un authentique savoir-faire sont les maîtres mots.

Réinventer l’espace et les formes, concilier l’utile et le beau, créer une esthétique épurée, sobre, intelligente car prenant en compte tant les désirs que les besoins du client autant de points forts qui font de Sciebelle une jeune entreprise qui au-delà d’être dans l’air du temps engage une véritable réflexion autour de l’usuel, du design et du développement durable.

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Tables Brasserie

Derrière l’estampille Sciebelle se cache une créatrice et artisan toujours en recherche d’idées nouvelles, désireuse d’innover tout en étant à l’écoute des goûts de chacun.

Ayant suivi une formation auprès des Compagnons, elle possède cet amour du travail bien fait, s’inspirant du monde rural d’où elle vient, elle investit pleinement les matériaux à sa disposition et sait avec brio les détourner de leur utilisation première pour élaborer des créations originales aussi diverses que belles.

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Photophores ou mobilier floral gravés, peints ou noircis à la flamme - Châtaignier

Faisant preuve d’ingéniosité et d’une maîtrise certaine des techniques nécessaires à de tels ouvrages, elle fait la part belle au pérenne à l’encontre du « consommer-jeter », elle privilégie le circuit court autant que faire se peut. Ayant conscience que le courant écologique actuel ne fera que se renforcer dans l’avenir, elle nous invite à penser cette tendance comme un véritable art de vivre.

Elle travaille des lignes toutes de contemporanéité et de praticité pour un style qui fait sens. Ses créations sont accessibles, robustes et uniques.

Des matériaux tels que le bois, le métal, le cuir, le textile, l’os... trouvent un second souffle entre ses mains.

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Tables de chevet jumelles style "caisse à vin"- Charnieres forgées à l'atelier - Poignées façonnées à la main - Chataignier- 1/2

Inspirée, elle les découpe, les assemble, les transforme, les sculpte, les cisèle, les customise pour en extraire ici une table, un cadre, un chevet, là un jouet d’enfant, un bijou, ou encore un packaging pour des denrées alimentaires... leur conservant noblesse et attrait, c’est avec le talent et l’esprit créatif qui la caractérisent qu’elle élabore des réalisations plurielles selon les commandes de sa clientèle.

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Bracelet gravé et peint - os (Bovin limousin) et cuir

A noter que leur fabrication est entièrement manuelle, chose suffisamment rare dans une société où règne le « tout en série » et le « made in... » pour être soulignée et mise en avant. Elle a à cœur de mettre au service de l’autre son expérience et ses compétences dans un réel échange où l’humain a pleinement sa place.

Sciebelle c’est le parti pris d’une éthique responsable en lien direct avec l’époque, du « sur mesure », de l’artisanat d’art, dans un esprit fédérateur autour de l’habitat, de la nature et du mieux vivre.

Nathalie Lescop-Boeswillwald

Docteur en histoire de l’art

Présidente de pARTage en terre des arts

Coup de projecteur sur

Nathalie Rainereau, peintre

site : http://nathalie-rainereau.fr/​

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Nathalie Rainereau nous revient avec une nouvelle série consacrée au sculpteur Camille Claudel et à quelques unes de ses œuvres parmi ses préférées : « Niobide blessée », « La valse », « Sakountala ou l’abandon ou Vertumne et Pomone », « Les causeuses », « La vague ou les baigneuses », « Clotho ou la parque » entre autres...

Comme nous pouvons d’entrée le constater ce sont des sculptures importantes dans le parcours de l’artiste, sublimation des événements de sa vie personnelle, mais aussi interprétation du mythe et du réel tout à la fois, ces œuvres nous interpellent sur la destinée humaine. Elles se font écho jusque dans le vécu du sculpteur, entre intime et universel.

Si Nathalie Rainereau poursuit le dessein de traduire son ressenti de l’œuvre de Camille Claudel c’est bien parce qu’elle se trouve en parfaite résonance avec son monde intérieur, profondément sensible à ces sculptures et à leur créatrice, elle perçoit au-delà de la beauté des œuvres tout ce qui fait sens en elles et nous rappelle à notre propre existence et finitude.

Nathalie Rainereau comme toujours réalise un long travail de recherche et s’imprègne de son sujet jusque dans son approche technique, son traitement stylistique. Elle a besoin de ce temps d’intense réflexion qui va la mener à l’acte créateur, elle dessine beaucoup mais efface tout (à l’instar de Claudel qui détruisait bon nombre de ses dessins) avant de passer à la peinture où se mêlent acrylique, encre de chine et eau... flirtant avec une certaine abstraction elle représente les œuvres dans leur détail, leur soustrayant parfois visage, tête...

Elle nous invite à une réinterprétation originale et pourtant fidèle au propos intrinsèque des œuvres, elle réalise là un tour de force où picturalité et quête ne font plus qu’un et cela a quelque chose de bouleversant et de beau, tant elle sait investir ses émotions et les transcrire sur le papier qui est son support de prédilection.

Pour l’heure, Nathalie Rainereau aborde l’œuvre la « Niobide blessée » de Claudel qui s’inscrit dans la dernière partie de sa carrière.

Poignante cette sculpture si elle fait référence aux Niobides de la mythologie grecque* n’en demeure pas moins également une représentation autobiographique, Camille Claudel étant en passe de s’effondrer elle-même, détruisant les êtres de pierre auxquels elle avait donné corps et qui semblent devenus incapables de toucher sa propre mère... une fois de plus mythe et réalité intime se confondent.

Il n’est pas étonnant que Nathalie Rainereau ait choisi l’œuvre de Camille Claudel étant donné cette part de souffrance, de déchirement qui émane des sculptures de l’artiste et qui fait écho au vécu du peintre, Nathalie étant un être à la sensibilité exacerbée, malmené par la vie, elle a pleinement conscience de cette transposition du réel dans l’œuvre qui permet au créateur de supporter le poids de l’existant et de le transcender, et c’est avec l’exigence et la maîtrise qui sont siennes qu’elle s’y prête.

Une série picturale pleine de promesse donc dont on suivra l’évolution avec intérêt.

Nathalie Lescop-Boeswillwald

Docteur en Histoire de l’Art

Critique, poète

Directrice de pARTage en terre des arts

* : Les enfants de Niobé vont périr sous les flèches de Diane et d'Apollon parce que Niobé a défié avec orgueil leur mère Latone. Niobé se transforme en pierre en voyant ses enfants mourir, ses larmes seules continuent de couler.

Coup de projecteur sur

Louis Maniquet, un regard atypique

Né en  décembre 1997, Louis Maniquet est un jeune artiste prometteur tant il possède instinctivement le fameux « oeil du photographe » et le sens de la composition, deux qualités essentielles en photographie pour qui veut s’épanouir dans cette discipline aujourd’hui reconnue à part entière comme un art.

Louis Maniquet est en deuxième année de DUT MMI (Métiers du Multimédia et de l’Internet), autant dire qu’il est entré de plain-pied dans le monde de l’Image et son intérêt déjà marqué pour la photographie ne pouvait que prendre tout son essor via un tel cursus.

Souhaitant se diriger par la suite vers le graphisme, Louis Maniquet consciemment ou non investit pleinement ce champ de la communication et de la création par le truchement de ses photographies en lien direct la plupart du temps avec notre contemporanéité, l’ère post-industrielle, la cité et la solitude au coeur même de cette dernière.

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Inspiré par le milieu urbain, Louis Maniquet arpente la ville, ses rues, ses places, ses terrains vagues, ses friches, ses bâtiments à l’abandon, l’appareil photo en bandoulière, l’oeil aux aguets, toujours prêt à saisir cet instantané de beauté mortifère, ce temps suspendu au mitan de la foule, cette architecture sauvage ou bien au contraire au cordeau, selon le lieu...

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Désireux de donner à voir autrement l’espace, Louis Maniquet pose un regard différent sur le monde qui l’entoure... Il apprivoise le paysage qu’il soit de béton ou de verdure, le dépouille de ses apparences et le révèle sous un angle original créant l’étonnement, l’émerveillement...

Proche de l’urbex, mouvement qui a débuté dans les années 90 aux USA lors du déclin des villes industrielles, Louis Maniquet est ce chasseur d’images, cherchant à mettre en évidence le paradoxe de la nature humaine, à souligner les effets d’un capitalisme forcené via ces photographies de lieux insolites, hybrides où la nature reprend ses droits, envahissant des ruines de bâtiments, usines, maisons, hangars... évoquant des empires perdus, vestiges d’un monde gangrené... Images incarnant la transformation du lieu par la société mais aussi instantanés tout de magnificence où le végétal crée l’altérité, où l’atemporel prend le pas sur l’ici et maintenant et nous renvoie à notre propre vulnérabilité d’être...

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La démocratisation de l’exploration urbaine correspond à un désir d’appréhender notre société dans toute sa complexité, dans ce qu’elle a de secret, de caché aussi, pour donner à voir différemment, pour témoigner également de ce qui a été et risque fort de disparaître...

Mais Louis Maniquet ne se laisse pas enfermer dans un style, un propos unique. A 19 ans il manifeste une maîtrise surprenante de son art, passionné et inventif il nous prouve sa maturité en sachant s’émouvoir de la joliesse d’une fleur, d’un ciel tourmenté, en se réappropriant l’espace pour y donner libre cours à son sens aigu de la composition, se jouant du décor avec intelligence, travaillant jusqu’à la géométrie des lignes, usant avec beaucoup d’à-propos tantôt du noir et blanc tantôt du chromatique... selon les thématiques abordées.

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Un père archéologue et une mère céramiste d’art, ceci explique peut-être cela ! L’attachement à ce qui a existé, à ce qui est, au savoir-faire humain, à la création, au temps, à notre histoire, au monde... ses photographies en sont les témoins, le relais...

Il capte avec une émouvante sensibilité les plaies et blessures de notre société moderne, observant ce monde qui se lézarde jusque dans ses certitudes, parallèlement il aime à mettre en exergue la part de poésie qui habite les lieux les plus improbables comme un écho de notre humanité malmenée...

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Le photographe nous interpelle à dessein sur notre appartenance au monde, nous signifie notre singularité et tente de nous faire prendre conscience de l’importance du Vivre... Il nous incite à réfléchir sur l’esseulement de l’humain dans la multitude, nous insuffle le goût d’une liberté retrouvée... et nous invite à regarder véritablement et autrement...

Souhaitons-lui de conserver ce regard personnel, lucide et atypique et cette envie de partager sa vision du monde...

Nathalie Lescop-Boeswillwald

Docteur en Histoire de l’Art

Critique, poète

Directrice de pARTage en terre des arts

Coup de projecteur sur

Hugo Baudouin dit Labaud, Une figure singulière

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Pour évoquer le travail pictural du tout jeune artiste Hugo Baudouin, dit Labaud, on parlera bien sûr d’art brut mais si l’on peut reconnaître l’art brut comme un volet de l’histoire de l’art, on ne peut ici réellement comparer la création de Labaud avec celle d’artistes marginaux, asociaux, exempts de culture artistique, selon la définition initiale de l’art brut, via Dubuffet.

Hugo Baudouin possède un langage artistique propre, et même s’il utilise des procédés qui rappellent le naïf, qu’il ne maîtrise pas encore tous les codes académiques, il se rapproche plus de l’art singulier et de l’œuvre de Sanfourche par sa volonté à exprimer de manière originale et à partager à dialoguer avec le regardant.

Autodidacte, Labaud est arrivé à la peinture par le truchement de ses études d’arts appliqués et de design d’espace, un chemin détourné qui a donné force et personnalité à sa palette, nous confortant dans l’idée que l’artiste s’appréhende jusque dans ses apartés et sa pluralité d’être.

Le travail d’Hugo Baudouin fait référence aux masques, aux figures, à la face cachée de chacun... Que son personnage soit seul ou au milieu d’une foule,  il s’agit toujours d’aller au-delà des apparences, de traduire les règles sociétales, de dévoiler, de traverser en quelque sorte le miroir pour exposer une vérité autre...

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Visages ou grimaces, l’expressivité du trait est là pour révéler un « autrement »... L’artiste se joue des situations, de la réalité pour nous inviter à voir au-delà du paraître...

Labaud fait preuve malgré sa jeunesse d’ironie, de distanciation et d’humour dans le traitement de son sujet, sachant combien il est essentiel de se défaire de nos oripeaux humains pour accéder à l’âme, au spirituel...

La figure est ici iconographie sociale, symbole sexuel, fantasme esthétique...

Hugo Baudouin réinterprète le monde à travers le prisme de sa sensibilité de peintre, nous mettant face à notre individualité, portraiturant avec une rare intelligence ce moi intérieur psychotique et sous influence...

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Bien sûr, La jeunesse de Labaud s’incarne également dans son œuvre en devenir par petites touches insolentes, rieuses, colorées et déformées qui nous rappellent à l’enfance, au jeu, ce qui profère à l’ensemble un certain équilibre bienvenu.

Déjà l’artiste s’aventure à user de supports divers, papier, carton, kraft, toile... à choisir des médiums aussi variés que le crayon, le stylo, la peinture, le fusain, l’encre... il agence, organise  l’espace avec un sens inné de la composition, ces personnages nous surprennent, nous interpellent, et nous interrogent sur notre propre humanité...

Hugo Baudouin a été contacté suite à un concours par Le Shape Skateboard, sport qu’il pratique depuis de nombreuses années, pour collaborer à la création d’une nouvelle planche, son illustration « Portrait de famille » a été retenue et gravée au laser sur bois, preuve s’il en était besoin que l’art descend dans la rue et arpente les trottoirs dans un souffle libérateur...

La picturalité de Labaud fait écho au street art et pourrait tout à fait trouver place sur les murs de la ville, offrant un regard dédramatisé sur nos « masques sociaux » et leur interprétation, bousculant les diktats d’un ordre établi et par trop conformiste...

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Les voies à explorer sont multiples, Hugo Baudouin n’en est qu’à ses débuts et s’ils sont prometteurs, nous ne doutons pas qu’il puisse réaliser une œuvre plurielle faisant sens...

Laissons le mot de la fin à Corneille : « La valeur n’attend point le nombre des années »...

Nathalie Lescop-Boeswillwald

Docteur en Histoire de l’art, critique

Directrice de pARTage en terre des arts

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Coup de projecteur sur le Hang Métiss

"Mélodie" nouvel album

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Les créations du « Hang Métiss » offrent une place de choix au hang. Sa sonorité atypique et encore méconnue s’impose tout en laissant aux autres instruments un large champ expressif. Chaque musicien a ici une réelle liberté d’interprétation. Jazz, afro, classique... colorent les mélodies de cette formation aux multiples influences musicales.

Les acolytes du « Hang Métiss » ont en commun le goût du métissage culturel, ils ont à cœur d’insuffler à leur premier album cette couleur généreuse de la world music et ce souffle vibratoire propre au jazz.

Le hang de Yacha et les percussions de Frédéric se font écho avec une intelligence rare, la basse et la contrebasse de Nicolas soulignent dans un phrasé fluide le jeu des percussionnistes, le saxo et la clarinette basse de Vincent apportent leur patte stylistique, le timbre chaleureux d’Agathe structure la mélodie.

La faculté du « Hang Métiss » à revisiter les genres donne à cet album un caractère intemporel et universel.

Nathalie Lescop-Boeswillwald

Découvrez le clip vidéo réalisé par Cyril Boeswillwald du Hang Métiss pour la sortie de l'album "Mélodie" sur youtube, en cliquant sur le lien :

https://www.youtube.com/watch?v=1ctC79VM_ng

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Coup de projecteur sur Florence Rossi

ou derrière le décor des jours 

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Florence Rossi est de ces artistes qui trouvent pleinement leur mesure dans la diversité, ses talents de plasticienne lui ouvrent les portes d’un univers pluriel où dessin, collage, acrylique et aquarelle cohabitent avec une intelligence intuitive qui donne à sa création une dimension originale, faite d’élégance et d’harmonie.

Car les œuvres de Florence Rossi, qu’il s’agisse d’encre sur papier, de collage ou d’abstrait, portent la marque d’un art exutoire, voire thérapeutique face aux aléas de l’existence…

L’acte créateur est ici souffle de vie, respiration intérieure pour se défaire des maux qui accablent trop souvent notre nature humaine…

Dessiner, peindre, coller, couleurs, pinceaux, papier sont autant de moyens et d’outils pour s’évader de la quotidienneté et transcender la part obscure de l’existant.

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Florence Rossi, à travers ses visages longilignes aux ombres encrées se joue des apparences et apprivoise l’envers du miroir… De même exprime-t-elle dans ses collages ces vérités tues qui défont l’être plus qu’elles ne le protègent… Quant à sa série abstraite où elle triture, griffe, façonne la matière, elle est le prolongement d’un propos artistique dont le filigrane est le dire…

Sous couvert d’apprivoiser la pluralité de la création, l’artiste révèle plus qu’il n’y paraît le sens de son œuvre…

Florence Rossi est une créatrice éprise de liberté, elle expérimente tous les possibles pour transmuer la pure émotion en une œuvre authentique.

Couleurs et médiums lui permettent de prononcer l’improbable de la Vie, d’imager ses espoirs, d’apprivoiser ses rêves, de légender son histoire…

Créer c’est dire son appartenance au monde, invoquer l’énergie du Vivre, identifier l’indicible, figurer la vitalité, dialoguer avec l’humanité, renouer avec l’essentiel…

Florence Rossi, consciemment ou non, par le truchement de ses œuvres appréhende le sensible avec subtilité, poésie, restaurant un langage pictural propice à l’intimisme, à une douceur retrouvée…

La diaphanéité de la série « Visages » évoque parfaitement la légèreté la transparence de l’humain, tout en n’évinçant jamais la part d’ombre propre à l’être, ici signifiée par le lavis des encres…

Entre réalisme et symbolique, l’œuvre de Florence Rossi possède une couleur allégorique mettant en lumière le désir de sérénité de l’artiste…

Quant à ses collages où l’artiste entremêle coupures de journaux, couleurs, une part d’elle affleure sensible, révoltée où humour, ironie, sentiments la relient au monde dans ce qu’il a de plus vrai et de plus trouble aussi…

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Florence Rossi détourne l’image pour engendrer une réflexion du regardant, investie et pourtant faisant preuve de distanciation, elle interroge cet autre nous-même par le prisme de sa création…

Désacralisant les mythes, Florence Rossi dévoile l’innommé, désincarne les croyances pour mieux éveiller nos consciences…

Derrière le décor des jours, se cache la vérité de l’être, ordinaire et pourtant si singulière…

L’œuvre de Florence Rossi dessine la carte d’une humanité duale où le meilleur côtoie l’inacceptable.

L’artiste, par le truchement de ses œuvres, nous réconcilie avec ces composantes archétypales qui reflètent la complexité du Vivre Humain…

Florence Rossi avec souci d’honnêteté nous révèle à nous-même dans ce que nous avons de plus beau et de plus lâche aussi… Soyons-lui reconnaissante de nous déciller les yeux et apprenons avec elle à contenir cet ego destructeur… L’art peut être le fondement d’une vie harmonieuse… pour qui le veut !

Florence Rossi nous le dit, écoutons-la !

Nathalie Lescop-Boeswillwald

Docteur en histoire de l'art, critique

Directrice de "pARTage en terre des arts"

Coup de Projecteur sur Aline Larant

ou l'acte créateur pour credo

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53 - Sans titre

Pour évoquer la peinture d'Aline Larant, j'aimerais convoquer en place et lieu d'exergue le poète et peintre Michel Bénard : "L'acte créateur lié à l'Intuitisme, est une respiration de l'âme et son élévation vers l'universel. Un geste premier sans repentir."

Ainsi la création picturale de cette jeune artiste s'apparente-t-elle au courant de l'intuitisme qui laisse pleinement s'exprimer la sensibilité, sans aucune préméditation, saisissant l'inspiration fugitive dans une conscience immédiate d'où l'idée de fulgurance, d'entière spontanéité dans le geste créateur.

Ici, les couleurs en se fondant les unes aux autres inventent leurs propres formes, il n'y a que peu voire pas de ligne d'horizon, le flou de l'intuition induisant son rythme à l'œuvre, couleur et matière fusionnant dans un même élan... le peintre ne cherchant pas à intellectualiser sa démarche, mais faisant la part belle à l'inné, insérant l'intime au cœur même de l'œuvre puisque créant à partir de ses émotions, sensations... il s'agit d'une manifestation et non d'une représentation picturale, nous sommes dans le domaine de l'informel, du souffle libérateur, c'est le règne de la picturalité instinctive, osmotique en lien étroit avec l'intériorité de l'artiste...

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58 - Sans titre

Pour mieux appréhender le monde d'Aline Larant, il nous suffit de savoir que la peintre exerce le métier d'art-thérapeute, ceci explique cela... elle possède une réelle propension au bonheur, à la pensée positive qu'elle distille tant dans son métier que dans son art, désireuse de mettre en évidence une esthétique de la vie, faite de joie, de lumière, de sérénité...

Initiatrice d'une peinture balsamique, toute de douceur, de féminité, à fleur d'être, Aline Larant nous invite à un voyage vibratoire en terre picturale, sa palette colorée, chatoyante illustre merveilleusement ces chemins fugaces et tourbillonnants qu'elle imagine au gré de son pinceau intuitiste, intensité et transparence s'alliant avec beaucoup d'à-propos pour illustrer des mondes évanescents tout de courbes et de ductilité où l'artiste nous offre une vision poétique et transcendée de l'humain...

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51 - Symbiose originelle

Rien de tourmenté, nous arpentons là des contrées de paix et de beauté, où l'être s'affranchit du paraître pour tendre à un moi spirituel et épanoui... abandonnant derrière lui les oripeaux de l'ego et du jugement pour n'être que dans le ressenti salvateur.

Aline Larant est de ces artistes pour qui l'acte créateur est credo de vie, ne doutons pas qu'avec l'expérience, elle saura se défaire des ultimes scories stylistiques pour faire corps avec l'œuvre et s'absoudre en elle d'une humanité tronquée... renaissant à elle-même par le truchement de la création pure...

Une artiste à suivre !

Nathalie Lescop-Boeswillwald

Docteur en histoire de l'art, critique

Directrice de "pARTage en terre des arts".

Coup de projecteur sur Simon Bonnet

ou une démarche initiatique

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Justice populaire

Simon Bonnet est le créateur pluridisciplinaire par exellence, un touche à tout talentueux, un esprit créatif en perpétuelle effervescence, à la recherche du moyen d'expression qui saura définir l'être intime qu'il porte en lui et avec lequel au quotidien il tâche de cohabiter avec intelligence et profondeur d'âme, tant il est difficile pour l'artiste d'exister pleinement dans un monde matérialiste, rétif à cette part de rêve éveillé dont se nourrit tout créateur.

Le besoin de canaliser sa création, de l'épurer, en quelque sorte de la hiérarchiser pour lui donner sens et force n'altère en rien la capacité inventive de Simon Bonnet... Il nous démontre ici que son approche plurielle de l'acte créateur offre une vaste étendue de possibles artistiques faisant lien... Malgré tout, conscient de l'importance de ne pas se disperser au risque de perdre en densité et compréhension, l'artiste a fait le cheminement nécessaire pour se recentrer sur des thématiques et médiums communs voire osmotiques.

Ainsi la quête de Simon Bonnet prend-elle toute sa mesure spirituelle et artistique dans l'élaboration d'une oeuvre construite autour de la peinture, du dessin sur des supports tels que le papier kraft de sac à grains, le carton, le bois, les cailloux... une évidence se fait jour, l'aspect brut du matériau utilisé fait partie intégrante du processus de création, apportant sa singularité mais aussi son atavisme à la création en gésine...

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Sous la lune cailloux illustrés

Simon Bonnet fait preuve d'un sens aigu des formes, du relief, de la matière, les travaillant avec fulgurance et minutie tout à la fois, le geste ample, réfléchi bien que puisant à la source instinctive, ciselant un monde intérieur en parfaite harmonie avec la Terre-Mère, la Nature, les Esprits, l'artiste s'émancipe de nos critères modernes pour tenter de revenir aux Origines...

Simon Bonnet exorcise le mal-être d'une humanité en déshérence, désireux de faire corps avec son art comme aux Temps Premiers, lorsque les forces telluriques et spirituelles investissaient l'être dans son entier...

Il y a du chamane, du griot chez Simon Bonnet, sa volonté à être dans l'instant, à s'oublier pour n'être que récepteur et réceptif au monde sensible révèle une vision de la vie dépouillée de ses scories, de ses oripeaux, puisant son inspiration à la source, lorsque tangible et intangible ne faisaient qu'un... Ne nous dit-il pas que c'est une façon de déjouer l'égo ?...

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Attentats du 13 novembre 2015

Simon Bonnet s'aventure dans l'immédiateté, le ressenti pur, réinventant un art archaïque au sens noble du terme.

Dans une démarche initiatique fortement empreinte de spiritualité et d'un certain naturalisme, sa stylistique relève de la trouvaille artistique, alliant cubisme, symbolique, surréalisme, s'organisant autour d'un trait puissant, d'une palette tantôt monochrome, tantôt haute en couleurs selon les sujets abordés, avec cet oeil, cette perception pointue du cameraman professionnel qu'il est...

Ainsi il est intéressant de savoir pour mieux appréhender l'univers de l'artiste qu'il maîtrise parfaitement les outils informatiques modernes les plus pointus... Paradoxalement, Simon Bonnet semble vouloir s'éloigner de tout cet attirail sophistiqué pour exprimer au plus près une pensée humble, intuitive, vibratoire à l'instar de cette vie rudimentaire, quintessentielle et ancestrale dont l'homme s'est écarté au fil des siècles...

On ne peut que songer aux rites anciens passeurs d'énergie vitale, mais aussi aux peintures rupestres, l'art comme un témoin immuable de l'existence et de la finitude humaines...

Les créations de Simon Bonnet nous interrogent sur notre appartenance, nous incitant à nous pencher sur notre propre genèse... c'est à la fois troublant, symptomatique de notre époque peut-être mais magnifiquement émouvant !

A découvrir !

Nathalie Lescop-Boeswillwald

Docteur en histoire de l'art,critique

Directrice de "pARTage".

Coup de projecteur sur Philippe Baudouin

ou l'intention photographique

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Philippe Baudouin est un photographe à l'univers original, sensuel profondément empreint d'humanité. Nous sommes ici en terre d'émotion, tout est matière à réinventer le regard intérieur que l'on pose sur le monde, les êtres... pour une compréhension sensible de leur cartographie.

L'artiste a investi un travail photographique sur la réinterprétation des signes, ainsi avec "Ecrits de corps" où l'écriture corporelle et la photographie s'allient pour saisir un instant sublimé de l'acte créateur, où l'artiste pérennise une création éphémère, transformant une performance en une oeuvre qui s'inscrit dans le temps...

La démarche de Philippe Baudouin est tout à la fois esthétique et spirituelle, via la calligraphie et le texte, il mêle l'art du trait à celui du langage dans une poétique du motif toute personnelle, nous invitant à redéfinir notre propre approche de la photographie artistique.

Il y a ici quelque chose de l'initiatique, du sacré dans le traitement du sujet iconique...

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Philippe Baudouin à force de tâtonnements, d'expérience a su parfaitement intégrer la difficulté à travailler le support vivant qu'est la peau, jouant des aspérités, reliefs, grain pour imprimer son particularisme à la création purement graphique.

Aujourd'hui qu'il maîtrise parfaitement l'aspect technique et stylistique, il est en recherche de textes originaux pour diversifier sa palette calligraphique et insuffler à son oeuvre d'autre couleurs scripturales, diseuses toujours de poésie, de savoir...

Ainsi après les idéogrammes, les alphabets grec, russe, les formules mathématiques, les chiffres mais aussi les hiéroglyphes, a-t-il fait des incursions dans l'arabe y ajoutant des arabesques expressives..., songeant à s'essayer prochainement au coréen, il ne manquera pas de nous surprendre et de nous enchanter dans sa sublimation de l'écriture et du corps féminin...

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Toujours en quête d'autre chose, l'artiste a également produit des créations sur les chiffres en milieu urbain fort intéressantes... même si selon lui le champ d'investigation s'avère quelque peu réduit pour une thématique qu'il aurait souhaité beaucoup plus conséquente et donc évolutive.

Pour l'heure, il n'a de cesse de revenir à ses "Ecrits de corps", creusant le sillon emprunté, désireux de créer un corpus digne de ce nom. Nous ne pouvons que l'y encourager tant l'oeuvre débutée parle d'elle-même quant à sa qualité intrinsèque, quant à la beauté qu'il en émane, suffit d'un regard sur ses photographies pour en témoigner...

Philippe Baudouin possède un réel sens du cadrage, une aptitude confondante à saisir le geste, l'attitude qui feront toute la différence, ne recherchant pas la pose étudiée mais bien une certaine spontanéité de l'instant, il appréhende avec beaucoup d'intelligence l'art de la composition sans jamais appuyer ses effets. A n'en pas douter, le photographe exploite au plus près technique et intuition conjuguées pour une création aboutie, originale et sensible.

Il y a là une authentique intention photographique, celle de démontrer que l'art pictural et la photographie peuvent être complémentaires et non antinomiques, nous sommes à l'ère de la création numérique ne l'oublions pas... Philippe Baudouin quant à lui préfère aborder chacune de ces pratiques successivement, l'une inspirant l'autre d'où le caractère unique de son propos.

Un artiste à suivre absolument!

Nathalie Lescop-Boeswillwald

Docteur en histoire de l'art,critique

Directrice de "pARTage".

Coup de projecteur sur Lutxo

ou la genèse d'une oeuvre

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La matrice

Né en 1957 à Limoges, Jean-Luc Pailler dit Lutxo a pratiqué le dessin dès son plus jeune âge, on le disait doué... à 11 ans, il s'essayait -excusez du peu- à "La victoire de Samothrace", "la statue de la Liberté", aimant travailler les plissés, les ombres et la lumière... évoluant dans un univers familial artiste, sa mère était enlumineuse pour les usines de porcelaine Raynaud, et l'a toujours encouragé dans sa passion du dessin... Lutxo a encore aujourd'hui le souvenir des odeurs de térébenthine qu'elle laissait dans son sillage... pour autant, sa mère ne lui a jamais enseigné l'art de peindre... l'on sent ici poindre un regret... mais auquel il a su remédier...

Lutxo est de ces artistes autodidactes profondément investis qui n'ont de cesse d'apprendre de leurs aînés, de s'initier à leur art avec passion, faisant preuve souvent d'excellence à force de travail et d'envie... car il s'agit bien de cela : d'envie, d'être en vie et d'en témoigner avec la conviction qui les anime et se répercute jusque dans leurs oeuvres.

Lutxo est venu à la peinture sur le tard, histoire de vie, de rencontres, de désir et d'appartenance aussi...

L'existence est ainsi faite qu'il faut parfois du temps pour se (re)connaître...

Lutxo évoque des "activités professionnelles" qui l'ont fait voyager à travers la France avant de s'installer sur la côte landaise, basco landaise plus précisément et "des circonstances de vie" qui l'ont amené à ne découvrir la peinture qu'en 2011, l'attrait des pinceaux a été immédiat et en l'espace de quatre années, Lutxo a su maîtriser les codes picturaux pour débuter une oeuvre digne d'intérêt, pour s'en convaincre suffit de regarder des peintures telles que "La matrice", "Petit matin blafard", "La sterne pêcheuse", "Tube", "Fortune de mer", "Le pic de la dent de requin"... nous pourrions ici tous les citer sans exception...

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Petit matin blafard

Soulignons que Lutxo a par des biais aussi variés et inattendus que la pêche appris patience, minutie, sens du détail en s'adonnant à la fabrication de ses propres mouches, un exercice qui demande une connaissance approfondie de l'eau et du milieu aquatique... ceci expliquant peut-être l'omniprésence de cet élément dans son oeuvre...

Son amour de l'eau l'a mené jusqu'à... Capbreton... et l'élaboration de plans, dessins et maquettes pour un projet de maison qui est devenue réalité en 2004...

Le parcours de vie de Lutxo l'a guidé du dessin à la peinture par des chemins détournés mais heureux...

On ne peut nier qu'il y avait là quelque chose de destinal...

Nous sommes donc en présence d'un authentique créateur conscient que pour rendre compte au plus près de sa vision du monde, l'homme ne doit avoir de cesse de remettre cent fois sur le métier l'ouvrage, ainsi Lutxo n'a pas manqué de s'intéresser aux vidéos et autres démonstrations sur internet de Alan Kingwell et de Igor Sakharov, y puisant matière à toujours mieux appréhender son médium, aborder son sujet..., ne manquant pas de suivre les conseils de son compatriote le peintre copiste landais Jo Caputo...

Lutxo aidé par un fort esprit de synthèse a pu très vite se démarquer des artistes amateurs débutants en trouvant un style propre où un choix thématique à résonance élémentale, une palette lumineuse et fluide, un goût prononcé pour le jeu des transparences et une technique avérée ont contribué à faire de lui un peintre à part entière...

La nature, comme matrice nourricière et source inspiratrice, structure l'oeuvre de Lutxo et lui donne tout son sens, l'élément eau est rémanent, l'artiste dit de lui qu'il "est son sujet de prédilection et lui permet d'animer la toile et de créer l'atmosphère", nous pourrions aller jusqu'à dire qu'il signifie son propos de peintre et l'authentifie tel le sceau officiel, c'est la signature d'un artiste en lien avec son environnement, pour mémoire la côte basco landaise, qui a trouvé dans les paysages maritimes un écho à son être profond...

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Vague en corolle

Quel plus bel hymne à l'existant que ces toiles empreintes d'une poésie "vraie", délivrée des artifices urbains, encline à balayer au rythme des vagues la bêtise humaine et à réinventer sans cesse demain ?!...

Imaginaire et réel s'épousent ici dans une parfaite harmonie pour une représentation sensible du monde... Le peintre, entre accalmie et tempête, espoir et désenchantement, déambule au coeur d'une humanité revisitée...

Lutxo travaille l'huile, un médium exigeant, au couteau et pinceaux.

A l'occasion, il utilise la résine pour créer des effets, entre autres lorsqu'il s'agit de rendre l'aspect limpide et étincelant de l'eau, il aime à modeler les flux et reflux, à traduire l'érosion minérale, à saisir le vol d'un oiseau de mer, à façonner la luxuriance d'une végétation jusqu'à la rendre plus vraie que nature, sa peinture est une manière de cartographier le monde pour nous le rendre plus intelligible et donc plus proche...

Les personnages sont peu présents dans l'oeuvre de Lutxo, ils relèvent de l'anecdotique, une forme de vie parmi d'autres, impermanente et fragile, ponctuelle... je pense ici à "L'enfant au ballon", "Sortie de bain" et autre "Enfant au cerf-volant"... enfance et féminité qui évoquent avec subtilité comme une re-naissance en terre picturale... immanquablement, Lutxo exprime un sentiment fort d'universalité mêlé à une vision intimiste de l'être... un credo à dimension humaine qui ne peut qu'interpeller et émouvoir le regardant...

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L'enfant au ballon

L'espace de la toile est le terrain de jeu du peintre, là où il peut laisser sa créativité éclater en une myriade de couleurs, de courbes, de tracés, là où il peut mettre en scène la vie dans tous ses états, la composer et la recomposer dans toute sa singularité, sa quotidienneté, sa beauté... et il y excelle !

Parce que Lutxo est un artiste qui va au bout des choses, ses peintures sont pour la plupart toujours accompagnées d'un texte, prose ou poème, comme une légende personnelle de l'acte créateur...

Aujourd'hui, Lutxo doit affirmer sa démarche picturale pour que le public puisse également la considérer comme représentative d'une certaine esthétique contemporaine et s'y identifier... Le caractère original et cosmogonique de sa peinture lui offre la possibilité d'innover,  de surprendre tout en enchantant le spectateur...

Ne doutons pas qu'il sache franchir ce nouveau cap !...

Nathalie Lescop-Boeswillwald

Docteur en histoire de l'art,critique

Directrice de "pARTage".

Coup de projecteur sur Mario Rebelo de Sousa,

un surréaliste entre atavisme et  singularité

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Pour évoquer l'oeuvre picturale de Mario Rebelo de Sousa, peintre surréaliste ayant fréquenté les maîtres portugais du dit mouvement, il nous faut avant tout rappeler les attributs du surréalisme et ainsi éviter toute confusion d'interprétation, hélas trop courante de nos jours.

Le surréalisme est né après la première guerre mondiale, issu du dadaïsme, il succède au cubisme. Il impacte les arts mais aussi la politique, la théorie sociale..., laisse la parole au subconscient, au psychique pur, aux valeurs de l'irrationnel, du rêve, de la révolte.

Les caractéristiques des créations surréalistes sont la surprise et la juxtaposition inattendue, on parle également d'une expression philosophique.

Inspiré des théories psychanalytiques de Freud, le surréalisme explore le domaine des rêves et de l'inconscient, les réinterprétant via des métaphores de mondes poétiques aux ambiances énigmatiques, empreints de métaphysique, de réflexions existentielles...

Soulignons également le lien symbiotique entre la littérature et les arts plastiques dans le surréalisme, aspect qui nous ramène tout naturellement à notre sujet.

Mario Rebelo de Sousa est originaire d'Ancora, petite ville du littoral nord du Portugal où il naît en 1953, il y vit une enfance heureuse. Dessin et peinture sont dès son adolescence ses moyens d'expression de prédilection...

Architecte de formation, il se consacre depuis quelques années aux arts plastiques et à l'organisation d'expositions, événements et autres manifestations artistiques.

Mario Rebelo de Sousa est ce qu'on appelle "un personnage" !

Amoureux de la poésie, il aime à la déclamer lors de rencontres littéraires, s'adonne avec bonheur à l'écriture, fait preuve d'une grande créativité en témoignent ses dessins, peintures, installations...

Passionné, profondément humaniste, Mario Rebelo de Sousa est un être engagé... dans et pour la Vie, jusqu'au-boutiste, il est de ces créateurs qui par le truchement de leur oeuvre élèvent le débat, nous offrant une vision incarnée de l'humanité, il y a ici une verticalité de la pensée qui affranchie des modes, des diktats insuffle une dynamique de vie salvatrice.

Le langage pictural de Mario Rebelo de Sousa réinscrit une respiration dans l'approche surréaliste des thématiques traitées, il redéfinit l'espace, l'arpente avec ses couleurs, ses crayons, ses collages sur de multiples supports dans un élan enchanté et enchanteur, ses figures protéiformes historient les jeux érotiques, dénoncent les abus d'une société mercantile mais surtout nous content une quotidienneté réinventée, empreinte de poésie et de force vive...

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Union

Mario Rebelo de Sousa est ce "raconteur d'histoires" au pays des songes éveillés qui, par la grâce de son dessin, de sa peinture, abolit les frontières et sublime la cosmogonie du bestiaire surréaliste...

"Raconteur d'histoires" plutôt qu'"artiste" tant ce mot a été à ses yeux galvaudé, malmené, abîmé ces dernières décennies, Mario Rebelo de Sousa est un être entier dont la quête ne peut se suffire d'à peu près.

Il est vrai que le terme "artiste" a souvent été usurpé au risque de le déprécier... Etymologiquement, "artiste" est celui qui exerce un métier, un artisan puis au fil des siècles c'est devenu l'étudiant de la faculté des Arts et enfin celui qui travaille avec art et esprit... Nous voulons croire que Mario Rebelo de Sousa ne renierait pas cette définition de l'artisan, car l'oeuvre de notre "raconteur d'histoires" est synonyme de savoir-faire, de technique, de maîtrise stylistique, notre dessinateur et peintre possède pleinement l'art des contours et modelés, son trait est souple et audacieux, il travaille avec une même habileté l'encre de chine, le pastel, les crayons, l'huile, l'acrylique y intégrant le collage, l'écrit pour en accentuer les reliefs, l'intensité, conférer à l'oeuvre une dimension vibratoire... ; ainsi fort de son expérience il use avec maestria de la technique mixte pour donner à ses créations toute leur puissance évocatrice.

Dans l'oeuvre de Mario Rebelo de Sousa, notre esprit imaginatif et notre compréhension intuitive du monde sont sollicités, l'expressivité du trait initie le propos, avec rigueur et légèreté ; le créateur met en scène des légendes humaines qui nous séduisent d'emblée par leur aspect ludique et leur résonance surréelle, il y a une dimension onirique incontestable chez Mario Rebelo de Sousa, notre "raconteur d'histoires" orchestre nos émotions avec un sens aigu de la complexité terrienne, transcendant nos angoisses et désirs dans un élan spontané et généreux où l'improbable s'avoue jubilatoire, où l'affabulation est vérité retrouvée...

Le créateur s'abandonne parfois à des apartés avec sa peinture comme un besoin vital de cartographier le moi intime...

Chez Mario Rebelo de Sousa l'engagement social se manifeste tant sur la toile, le papier que par des actions physiques, investi, il jette des ponts entre spiritualité et politique, interpelle le regardant par le biais de ses créations, le poussant à s'interroger, à se remettre en question face à l'existant...

Nous ne pouvons faire abstraction de la perspective humaine de l'oeuvre, de sa facture allégorique, de sa représentation sensible du monde et de l'être, l'acte créateur s'articule autour d'une spontanéité maîtrisée et d'une exigence esthétique, Mario Rebelo de Sousa bâtit son oeuvre comme l'on bâtit sa maison, sur des bases solides, structurées, avec la compétence de l'artisan et l'élégance des belles âmes... Notre "raconteur d'histoires" relève ce qu'il y a de plus symptomatique et fractal dans notre époque, synthétisant avec brio les errements d'une société soumise à la rentabilité, révélant les failles d'un système gangrené par l'argent, le pouvoir, la corruption, il y a une dimension rebelle chez Mario Rebelo de Sousa, nous pouvons y lire en filigrane une réminiscence du passé portugais, je pense ici à la révolution des oeillets qui changea fondamentalement les structures sociales, culturelles du pays...

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Ce qu'ils disent

Si l'oeuvre est profondément originale, elle n'en demeure pas moins le reflet d'une certaine réalité à laquelle Mario Rebelo de Sousa imprime sa vision fantasmée d'un monde à venir... l'homme espère encore et toujours, le créateur revisite sans pathos l'archétype sociétal rendant compte de ses fractures, de ses métamorphoses, de ses scories avec une profondeur de pensée qui n'interdit pas la truculence, derrière un désordre savamment ordonné, atavique et singulier l'univers de Mario Rebelo de Sousa exalte le goût d'un Vivre, à la fois fantasque et lucide, joyeux et authentique...

A l'heure de la maturité, L'oeuvre prend la mesure du temps qui passe, s'absout des apparences et impose sa différence. Chapeau bas !

Nathalie Lescop-Boeswillwald

Docteur en histoire de l'art,critique

Directrice de "pARTage".

Coup de projecteur sur Patrick Vanden, un artiste engagé

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Peintre appartenant au courant de l'expressionnisme abstrait, Patrick Vanden est un artiste atypique, en marge d'un système par trop mercantile, désireux avant tout d'exprimer par le truchement de l'acte créateur ces émotions et ressentis qui révèlent l'être dans toute sa démesure.

Adepte de l' "action painting" qui privilégie la gestualité (je pense ici à la technique du "dripping" de J. Pollock mais également à De Kooning, Kline...), Patrick Vanden n'a de cesse de traduire sur la toile, le papier cette énergie vibratoire qui l'anime lorsqu'il crée...

Intuitif, à l'écoute de cette part d'indicible qui niche en chacun de nous, l'artiste s'immerge dans son monde intérieur, s'abandonne à la seule gestuelle picturale, travaillant médiums, couleurs et matières dans une étonnante pulsion de vie.

Patrick Vanden invente sa propre grammaire stylistique, mêlant avec une parfaite maîtrise silhouettes fantomatiques, effets aquarellés, reliefs texturés, coulures pour structurer l'oeuvre et la magnifier...

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Le peintre est ici un peu alchimiste, dans son athanor longtemps il a manipulé, mélangé, dosé couleurs, pigments et médiums de toutes sortes pour tenter d'obtenir les effets de l'aquarelle en utilisant l'huile, après bien des tâtonnements et recherches, il y est parvenu, et ainsi libéré de cet aspect purement technique, a pu laisser libre cours à son inspiration.

Qu'il s'agisse de travaux purement abstraits ou de thématiques plus formelles à l'image de la série des nus, les créations de Patrick Vanden révèle un penchant pour une palette réduite axée sur le travail des nuances.

La peinture de Patrick Vanden fait la part belle à la spontanéité dans son traitement tout en faisant preuve d'une brillante connaissance des fondamentaux picturaux, nous sommes en présence d'un authentique créateur, expérience et compétence conférant à l'oeuvre sa légitimité.

Patrick Vanden n'est jamais là où on l'attend, fervent pratiquant de l'abstraction, le voici qui émaille ses toiles de "ponctuations" humaines, vagues silhouettes effilées, formes éthérées, à peine dessinées, ombres esquissées qui insufflent à l'oeuvre une dimension à la fois prophétique et spirituelle...

Ses ombres survenues en pointillés d'un fond souvent à résonance élémentale soumettent le regardant à une introspection... L'Anima et le Vivant font corps pour nous donner à réfléchir sur l'Existant... Le symbolique s'invite dans l'oeuvre du peintre avec beaucoup d'intelligence et d'à-propos à l'heure de la maturité...

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On ne peut évoquer l'artiste qu'est Patrick Vanden sans souligner son engagement artistique en tant qu'organisateur de nombreuses manifestations, nous ne pouvons toutes les énumérer, mais nous citerons le projet "We love art in Europe" initié en 2013 et qui est reconduit chaque année depuis, projet qui consiste en la réalisation d'une oeuvre collective de 10/3m, réunissant 28 artistes représentant les 28 pays de l'Union Européenne, également la création de "L'atelier des artistes La Poterie" à Ben Ahin en compagnie du peintre Marc Mathieu depuis 2011 avec expositions, événements culturels, portes ouvertes... sans omettre la galerie Source O Couleurs en collaboration avec Valérie Bornet à Chaudfontaine... Autant dire que l'artiste est partie prenante de la vie artistique de sa région.

Patrick Vanden a pleinement conscience de l'importance d'aller à la rencontre du public et combien l'art se doit d'être partageur et mis à la portée de tous dans une société où l'individualisme forcené prend le pas trop souvent sur la solidarité ! Etre artiste c'est aussi avoir le goût des autres...

Ajoutons à ce parcours méritant et méritoire une kyrielle de distinctions et récompenses, et nous pourrons dire que le cursus artistique de Patrick Vanden est pour le moins enviable... mais lorsqu'on connaît un tant soit peu l'artiste, l'on sait que si l'aspect honorifique n'a rien de négligeable pour l'ego de tout créateur, Patrick Vanden n'en demeure pas moins et avant tout un peintre en quête d'esthétique dont l'oeuvre sensible et talentueuse fait sens.

Nathalie Lescop-Boeswillwald

Docteur en histoire de l'art,critique

Directrice de "pARTage

Coup de projecteur sur Thalie B. Vernet, photographe

Ou l'énigme du Vivant

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"Double Peau"

Premier Prix "Artistes toutes catégories"

Space & Light Time propose mensuellement des compétitions d'art en ligne avec thèmes.

Le concours d'art de la galerie de juin était le cinquième concours annuel "Figuratif".

Le juge invité était Mary kee, directeur et directeur créatif de TheArtGuide.com.

De mai à fin juin 2015, la galerie a reçu 643 inscriptions de 21 pays, en regard du nombre important de participations, la galerie a estimé nécessaire de créer trois catégories : Peinture & autres, Photographie & Digital et Art 3D. Elle a également créé un prix "Artistes toutes catégories" ainsi qu'un prix Spécial Mérite.

Thalie B. Vernet a obtenu le Premier Prix Catégorie Photographie, le Premier Prix "Artistes toutes catégories" pour son oeuvre "Double Peau" ainsi que le Prix Spécial Mérite pour son oeuvre "Anamorphosis". Autant dire que Thalie B. Vernet a remporté tous les suffrages !

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"Anamorphosis"

Prix Spécial Mérite


L'univers sensible, sensuel et puissant de Thalie B. Vernet a su émouvoir, plaire et interpeller un jury de qualité.Cette mise en lumière de son travail est amplement méritée, tant il est vrai que l'oeuvre photographique de l'artiste Thalie B. Vernet fait preuve d'originalité dans le choix des sujets et de leur traitement.

Nous ne doutons pas que ce ne soit qu'un début !

Thalie B. Vernet poursuit sa route en terre des arts avec une pleine maîtrise de son médium, l'oeil toujours vigilant, le propos intelligent et l'envie de créer toujours plus grande...

Thalie B. Vernet fait partie des artistes contemporains avec lesquels il nous faudra compter dans les années à venir et ceci pour notre plus grand bonheur !

Souhaitons-lui tout le succès mérité et une longue et belle route !


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